Au cœur de l’enseignement de Mikao Usui
Lorsque Mikao Usui reçoit le Reiki, il choisit de l’offrir aux personnes les plus démunies. Il souhaite soulager leurs souffrances et leur permettre de retrouver une vie plus digne.
Au fil de cette expérience, il constate que les effets du Reiki sont réels. Pourtant, quelque temps plus tard, il retrouve plusieurs des jeunes qu’il avait aidés revenus à leurs anciennes conditions de vie. Malgré les bienfaits reçus, ils n’avaient pas trouvé les ressources nécessaires pour transformer durablement leur existence.
Cette expérience marque profondément Mikao Usui. Il comprend que le Reiki, à lui seul, ne suffit pas. Pour qu’une véritable transformation puisse s’installer, elle doit être accompagnée d’un changement intérieur.
Il élabore alors cinq préceptes de vie. Inspirés de la sagesse japonaise, ils sont formulés avec des mots d’une grande simplicité, à l’image des waka et des haïkus, dont quelques mots suffisent parfois à ouvrir un profond chemin de réflexion. Bien plus que des conseils, ces préceptes sont une invitation à faire évoluer peu à peu notre manière de penser, de ressentir et d’agir.
« Le Reiki ne transforme pas la vie à notre place ; il nous accompagne sur un chemin de transformation. »
Les préceptes invitent à observer ce qui se passe en nous, à prendre conscience de nos fonctionnements et à avancer pas à pas vers une transformation intérieure.
Aujourd’hui, juste pour aujourd’hui, pas de colère
La colère est une émotion naturelle. Elle fait partie de la vie et nous accompagne depuis notre naissance. Le cri du nouveau-né en est déjà une expression.
Au fil de notre éducation, nous avons souvent appris à la cacher, à la refouler ou à la juger. Pourtant, une colère qui n’est pas entendue ne disparaît pas. Elle peut s’exprimer autrement, parfois contre les autres, parfois contre nous-mêmes.
Ce précepte ne nous invite pas à nier notre colère, mais à l’accueillir avec lucidité.
Que cherche-t-elle à nous dire ?
Quel besoin, quelle blessure ou quelle frustration révèle-t-elle ?
Comme l’enfant qui crie pour attirer l’attention sur un besoin qu’il ne sait pas encore exprimer autrement, nous restons souvent, à notre manière, de grands enfants. Derrière chaque colère se cache un message qu’il est possible d’écouter.
Prendre conscience de ce mécanisme est déjà une première étape vers une transformation intérieure.
Aujourd’hui, juste pour aujourd’hui, pas de soucis
Ce précepte nous invite à revenir à l’instant présent.
Bien souvent, notre esprit est occupé à revisiter le passé ou à imaginer l’avenir. Pendant ce temps, nous oublions le seul moment où nous pouvons réellement vivre et agir : ici et maintenant.
Lorsque notre mental anticipe l’avenir, il a souvent tendance à imaginer le pire. Les inquiétudes prennent alors de plus en plus de place, jusqu’à nous faire oublier que, dans l’instant présent, tout va peut-être bien.
Revenir à l’instant présent demande un véritable entraînement. C’est prendre le temps d’observer ce qui est réellement, plutôt que ce que notre imagination construit.
Les soucis cachent souvent un besoin : celui d’être rassuré, entendu ou de protéger une personne que nous aimons. Si nous ne reconnaissons pas ce besoin et ne l’exprimons pas, l’inquiétude peut se transformer en colère.
Qui n’a jamais attendu avec anxiété le retour d’un proche en retard ? Plus les minutes passent, plus l’inquiétude grandit, laissant parfois place à l’énervement. Pourtant, derrière cette colère se cache souvent simplement l’amour que nous portons à cette personne et le besoin d’être rassuré.
Ce précepte nous invite à prendre conscience de nos inquiétudes, à reconnaître les besoins qui les accompagnent et à les exprimer avec calme plutôt que de les laisser s’accumuler.
Honore, aie de la gratitude pour tes parents, tes aînés et tes professeurs
Pour comprendre ce précepte, il est utile de se replacer dans le Japon de Mikao Usui, au début du XXᵉ siècle. La société japonaise accordait une place essentielle au respect des anciens, des maîtres et de ceux qui transmettent leur expérience.
Aujourd’hui, notre culture est différente. Pourtant, ce précepte garde toute sa profondeur.
Honorer ne signifie pas tout approuver, ni oublier les blessures du passé. Il nous invite plutôt à reconnaître que notre histoire fait partie de nous.
Nous passons parfois des années à reprocher à nos parents ce qu’ils ne nous ont pas donné, sans toujours tenir compte du contexte dans lequel ils ont eux-mêmes grandi. Cela n’efface pas les souffrances vécues, mais peut nous aider à regarder notre histoire avec davantage de compréhension.
La vie est sans doute le plus précieux des cadeaux. À partir d’aujourd’hui, il nous appartient d’en prendre soin et de choisir la manière dont nous souhaitons avancer.
Lorsque Mikao Usui parle des professeurs, il ne désigne pas uniquement les enseignants. Chaque personne que nous rencontrons peut devenir un maître de vie.
Certaines nous encouragent, d’autres nous bousculent. Parfois, ce sont même celles qui se sont opposées à nous qui nous ont permis de découvrir nos forces, d’affirmer nos choix et de grandir.
Nous sommes le fruit de nos rencontres. Chacune d’elles a laissé une empreinte sur notre chemin et a contribué, d’une manière ou d’une autre, à faire de nous la personne que nous sommes aujourd’hui.
Vis ta vie avec honnêteté
Nous sommes tous le fruit de notre éducation, de notre histoire et de la société dans laquelle nous vivons. Dès notre plus jeune âge, nous apprenons à nous adapter pour être acceptés, aimés ou reconnus.
Peu à peu, nous développons des habitudes et des automatismes qui nous permettent de trouver notre place. Mais prenons-nous encore le temps de nous demander :
Ce que je dis, ce que je fais, ce que je choisis… est-ce vraiment moi ?
Quels compromis est-ce que j’accepte pour répondre aux attentes des autres ?
Vivre honnêtement, c’est oser être fidèle à soi-même. C’est reconnaître ses besoins, ses limites et ses envies, puis les exprimer avec simplicité, sans culpabilité et dans le respect de chacun.
Prenons un exemple. Une amie très chère vous demande de l’aide alors que vous êtes profondément fatigué. Par peur de la décevoir, vous acceptez malgré tout. Vous faites taire votre besoin de repos. Quelques heures plus tard, la fatigue laisse place à l’agacement, puis parfois à la colère.
Être honnête, dans cette situation, ce n’est pas refuser l’autre. C’est avoir le courage de dire :
« Aujourd’hui, j’ai besoin de me reposer. Nous pourrons nous retrouver demain avec plaisir. »
Ce petit pas de côté nous permet de reprendre notre liberté. Il nous invite à exprimer ce qui est juste pour nous, dans l’instant présent, sans culpabilité. C’est ainsi que nous construisons des relations plus sincères, où chacun peut être lui-même.
Sois sage et bienveillant envers tous les êtres vivants
Prendre soin de la vie autour de nous est souvent naturel. Beaucoup de praticiens Reiki développent spontanément cette qualité d’écoute, de respect et de bienveillance envers les autres.
Le plus difficile est bien souvent de nous accorder cette même attention.
Nous sommes souvent nos plus sévères juges. Nous trouvons toujours du temps pour écouter un ami en difficulté, soutenir un proche ou répondre aux besoins des autres… mais lorsqu’il s’agit de prendre soin de nous-mêmes, cela peut toujours attendre.
Pourtant, la bienveillance commence par soi.
Comment offrir de l’énergie, de l’écoute ou de la présence si nous sommes nous-mêmes épuisés ?
On ne peut pas offrir de l’eau avec une carafe vide.
Cette image me fait penser aux consignes données dans un avion : en cas d’urgence, il est demandé de mettre d’abord son propre masque à oxygène avant d’aider les autres. Non pas par égoïsme, mais parce que c’est la seule façon de pouvoir leur venir réellement en aide.
Prendre soin de soi n’est pas un luxe. C’est une responsabilité. En prenant soin de nous-mêmes, nous devenons plus disponibles pour prendre soin des autres.
Ce précepte nous rappelle que la sagesse consiste à trouver un équilibre : être bienveillant envers les autres, sans jamais nous oublier.
Ma manière de vivre les cinq préceptes
Ces quelques lignes ne prétendent pas expliquer toute la richesse des cinq préceptes. Elles reflètent simplement ma manière de les vivre et de les transmettre. Chacun est libre de les accueillir, de les questionner et de leur donner un sens au fil de son propre chemin.
Les préceptes, un chemin de toute une vie
Les cinq préceptes ne s’acquièrent pas en un jour. Ils se découvrent, se vivent et prennent un sens nouveau au fil des années.
C’est pourquoi j’anime régulièrement des journées d’échanges et d’approfondissement consacrées à chacun d’eux. Ces rencontres permettent de partager nos expériences, de nourrir notre réflexion et de faire vivre ensemble cet enseignement dans notre quotidien.
Chaque jour est une nouvelle occasion de mettre ces préceptes en pratique, un pas après l’autre, avec bienveillance envers soi-même et envers les autres.
